Le défi de l'entrepreneuriat
publié octobre 2026
Une entreprise doit respecter plus de 36 000 obligations légales – et ce chiffre ne cesse d’augmenter. Garder une vue d’ensemble et prendre systématiquement les bonnes décisions semble relever de l’impossible – en tout cas, ça n’est pas une mince affaire.
De l’idée à la création d’entreprise
Tout commence par une idée. Associée à une bonne dose d’euphorie, à une volonté indomptable, à de la ténacité et à du courage, cette idée offre la possibilité d’en tirer profit. Très vite, on se retrouve face à la décision de créer une entreprise. Ce qui semble séduisant n’est en réalité que le début d’un long parcours semé d’inconnues. De nombreuses possibilités s’offrent à soi, chacune avec ses avantages et ses inconvénients. On peut par exemple se demander si une société anonyme n’est pas, au départ, un peu trop grande et trop professionnelle. Mais que se passera-t-il si l’idée trouve un écho favorable sur le marché et que l’entreprise se développe ? Dans le monde des start-ups en particulier, la devise « think big » s’applique : pourquoi ne pas commencer d’emblée par créer une société anonyme, plutôt que de transformer plus tard une entreprise individuelle ou une société à responsabilité limitée (sàrl) en société anonyme ?
La question de l’argent
Le développement d’une idée jusqu’à l’obtention d’un produit ou d’un service nécessite souvent un financement important. Y répondre constitue l’un des plus grands défis pour les créateurs et créatrices d’entreprise. Au cours des premières années, il n’est souvent pas encore possible de réaliser des bénéfices, et les dispositions légales relatives à la perte de capital et au surendettement pèsent alors comme une épée de Damoclès. C’est là que réside le nœud du problème en Suisse. Les dispositions déterminant si une entreprise peut poursuivre son activité dépendent des fonds propres, mais la liquidité constitue souvent le plus grand défi. Les options pour mettre en place un financement sont multiples et le choix de la forme de financement doit être mûrement réfléchi. Il faut d’abord se demander s’il s’agit de capitaux extérieurs ou de fonds propres. Les capitaux empruntés sont soumis à des intérêts et doivent être remboursés à un moment donné. Les prêts convertibles, qui sont transformés en fonds propres à partir d’une certaine date afin de renforcer ces derniers, constituent une option très prisée par les start-ups. Une alternative peut être représentée par les prêts postposés qui, en droit suisse, permettent d’éviter de saisir le juge en cas de surendettement, car ils sont traités comme des fonds propres.
Céder des parts, cela veut dire ne plus être seul
La possibilité de convertir des prêts en fonds propres ou d’augmenter le capital grâce à la participation de tiers implique également que l’idée que l’on a eue doit soudainement être partagée. La décision de laisser d’autres personnes prendre part à l’entreprise par le biais de parts est donc aussi une décision émotionnelle. Cela vaut non seulement pour les opportunités, mais aussi pour les risques. Il faut souvent pouvoir compter sur un partenaire solide à ses côtés. Mais ce partenariat tiendra-t-il sur le long terme et les intérêts de chacun sont-ils identiques ? Une convention d'actionnaires constitue alors un moyen judicieux d'harmoniser les intérêts à long terme et de fixer ainsi des lignes directrices.
Prendre des décisions dans l’incertitude
Ce ne sont là que quelques-unes des nombreuses questions auxquelles sont confrontés les créateurs et créatrices d’entreprise. Tout ne tourne donc plus, et de loin, uniquement autour de l’idée initiale. Il y a de nombreuses règles à respecter et tout autant de décisions à prendre, dont certaines peut-être dans l’incertitude. C’est précisément ce qui fait partie de l’esprit d’entreprise : il faut faire preuve d’un bon instinct pour prendre les bonnes décisions et s’entourer des bonnes personnes, prêtes à apporter leur aide et leurs conseils, afin qu’une idée se transforme en succès.
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